• 03 - Job et G. de Machaut

    peste

    Accusés d’empoisonner les puits pour causer la peste noire, 900 Juifs sont brûlés vifs à Strasbourg.

    Qui a-t-il de commun entre les juifs dont parle Guillaune de Machaut et Job ?
    Deux histoires semblables
     

    Ici un passage écrit par ce poète dans la deuxipeme moitié du XIV ème siècle

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    "Après ce, vint une merdaille

    Fausse traître et renoïe:

    Ce fut Judée la honnie,

    La mauvaise, la désloyale,

    Qui bien hait et aimme tout mal,

    Qui tant donna d'or et d'argent

    Et promist à créstienne gent,

    Que puis rivières et fonteinnes

    Qui estoient cleres et seinnes

    en plusieurs lieus empoisonnerent,

    Dont plusieurs leur vie finirent;

    Car trestruit (détruit) cil qui en usoient

    Assez soudeinnement moroient.

    Dont, certes, par dix fois cent mille

    En moururent, qu'a champ, qu'a vielle.

    Einsois que fust aperceuë

    Ceste mortel deconvenue.

     

    Mais cils qui haut sait et loing voit,

    Qui tout gouverne et tout pourvoit,

    Cest träison plus celer

    Ne volt esni la reveler

    Et si generalement savoir

    Qu'ils perdirent corps et avoir

    Car tout Juif furent déstruit,

    Li uns pendus, li autre cuit,

    L'autre noyé, l'autre tête copée

    La teste de hache ou d'épée".

    Ecrit par Guillaume de Machaut in "Jugement du Roy de Navarre".

     

    En résumé. Il y a la peste dans une région de France. Elle tue beaucoup.

    La merdaille, ce sont les juifs responsables d'empoisonnement et de cette peste.

    Dieu et les sages ont compris que c'était la faute aux juifs.

    Et tous les juifs furent exécutés de toutes sortes de manières.

     

    Autant que les historiens retrouvent les faits et les dates dans les vieux textes, la peste décrite par Guillaume de Machaut a encore duré un an, malgré le massacre des juifs.

    Sacrifice inutile, comme tous les sacrifices, sauf pour les meurtriers qui s'apaisent après avoir trouvé une explication pseudo-raisonnable. Ils se "sentent mieux" plus certainement encore d'avoir satisfait une vengeance meurtrière en regard du malheur qui les frappe. Les victimes leur offrent un échappatoire de "défoulement".

     

    Quel est le rapport avec Job ?

    C'est le même mécanisme de la victime, du meurtre et/ou de l'expulsion: Job n'a finalement pas été tué .

    Il y a victime autour d'une chose que l'on ne comprend pas, dont on ne saisit pas alors le sens, la peste pour Machaud et la misère pour Job. En conséquence, il est trouvé une explication: Job a péché.

    Les juifs sont-ils meilleures que les "chrestien" du Moyen Age ?

    Job est-il meilleur que ses amis ?

    Tous ont péché. Le noeud de l'affaire ne se situe pas là.

     

    Un seul élément est commun aux deux textes: son mécanisme d'expulsion d'une victime ou plusieurs victimes qu'elle soit finalement tuée ou non.

    Avec des nuances capitales... 

    Si on sait aujourd'hui que les juifs n'étaient coupables de rien en ce qui concerne la peste, ce n'était pas le cas en 1350 et suivant.

    De même on peut aujourd'hui saisir que Job n'était coupable de rien en regard de sa misère, ce qui n'était pas le cas des "amis" et de tout son entourage. Job ni ses amis n'avaient pas lu le prologue du livre (de Job),

    Si Job est coupable, c'est d'autre chose... Certainement de mal avoir connu Dieu.

    Dire que ce mécanisme est partout présent dans les Écritures est un euphémisme.

    Dans une perspective anthropologique, nos Écritures nous en apprennent plus que n'importe qu'elle science sur le sujet, des millénaires à l'avance.

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    Les deux textes présentent un situation similaire du point de vue de leur structure. Les victimes se voeint opposés la persécution du plus grand nombre à l'unanimité contre une seule victime ou un groupe minoritaire.

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    Les victimes présentent une particularité qui les distinguent du reste: ils ont un stigmate, celui de ne pas être comme les autres, d'ëtre "étranges".

    Job le riche et aisé notable rendu à l'état d'un clochard sur du fumier.

    Les juifs, différents par leur coutume, accusés le plus souvent de monstruosité.

    Ils sont "monstrueux" et rejeté.

    Dans la plupart des mythes, les victimes présentent une particularité "étrange", inquiétante.


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