• 05 - Jésus contre la violence contagieuse

    "Quant à Jésus, il alla au mont des Oliviers. Mais, dès l'aurore, de nouveau il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait. Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme surprise en adultère et, la plaçant au milieu, ils disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Toi donc, que dis-tu ? ».  Ils disaient cela pour le mettre à l'épreuve, afin d'avoir matière à l'accuser. Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol. Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa et leur dit : « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! ».  Et se baissant de nouveau, il écrivait sur le sol.  Mais eux, entendant cela, s'en allèrent un à un, à commencer par les plus vieux ; et il fut laissé seul, avec la femme toujours là au milieu. Alors, se redressant, Jésus lui dit : « Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ? ».  Elle dit : « Personne, Seigneur. » Alors Jésus dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus. »"  Jean 8:1-11

    Beaucoup d'aspect peuvent être abordé dans cet événement.

    C'est la lapidation qui nous retiendra. Elle est ici la manifestation de la violence, un meurtre rituel, la lapidation, ici dévoyé par les pharisiens. On ne pouvait pas la pratiquer de cette façon selon la Loi.

    Jésus va plus loin: il "démonte" la lapidation et permet qu'elle n'ait pas lieu, rompant ici avec une aspect pénal de la loi de Moïse.

    La lapidation.

    Devant cette sanction "sauvage" projetée Jésus agit et parle.

     

    Il agit.

    "Mais Jésus, se baissant, se mit à écrire avec son doigt sur le sol."

    Il reste baissé un bon moment pendant que les pharisiens continuent à le presser de questions:

    Comme ils persistaient à l'interroger, il se redressa...

    Imaginons un groupe d'homme en colère. Les pharisiens le sont contre la femme et contre Jésus aussi. De nombreux témoins assistent à la scène.

    "il fut là dans le Temple, et tout le peuple venait à lui, et s'étant assis il les enseignait. Or les scribes et les Pharisiens amènent une femme..."

    Quel est le sens de cette action de se baisser ?

    Jésus évite la confrontation violente, les regards qui se croisent et qui sont mal interprétés.

    Les yeux des pharisiens sont injectés de colère.

    Quand bien même Jésus a probablement le regard paisible, les pharisiens ne l'auraient pas vu ainsi. C'est un phénomène bien humain de ne plus "voir" correctement quand la passion domine, ici la colère.

    Jésus évite ainsi de "faire monter" la colère.

     

    Il parle.

    Il se redresse et dit: « Que celui d'entre vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre ! »

    Il confronte ici le mécanisme de la lapidation.

    Démontons ce mécanisme.

    Si une un pharisien lançait une première pierre...

    un deuxième l'imiterait...

    un troisième...

    Puis tout le groupe, de plus en plus rapidement.

    C'est un mécanisme que l'on pourrait appeler: contagion de la violence.

    Comme un microbe, la violence se répand.

    On peut parler ici de mimétisme pour désigner le comportement humain qui ici se manifeste.

     

    La parole de Jésus a des dimensions spirituelles pas abordées ici, entre autres qu'il ne dédouane pas la femme de son péché.

    C'est l'homme qui pourrait lancer la première pierre que Jésus vise.

    Si celui qui pourrait lancer la première pierre ne la fait pas, il n'y aura pas de contagion, pas de mauvais modèle à imiter (mimétisme).

    ______________

    Retenons que Jésus s'est opposé à cette contagion, contagion dont il sera lui-même victime volontaire plus tard.

    Retenons encore une fois la nature de ce mécanisme de mimétisme.

    Il est partout présent dans la Bible, pas seulement dans la vie de Job, depuis les origines.

    La Bible nous donne aussi tous les éléments pour saisir la nature de ce fonctionnement, d'aller plus profondément dans sa structure et ses nombreuses variations applicables dans de nombreux aspects de la vie individuelle (psychologie) des relationssociales et dans les cultures humaines (anthropologie), y compris l'économie.

    ______________

    A noter: le mécanisme d'imitation n'est pas malsain en soi. Il permet par exemple aux enfants d'apprendre une multitude d'aptitudes utiles à la vie de chaque jour.

    Et de même: la justice, la bonté, la tempérance,  etc... sont aussi multipliables par contagion.

    "l'agape couvre une multitude de péchés."


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