• 13 - Le signe mis sur Caïn

    Genèse 4 : 9-15

    "L’Eternel dit à Caïn: Où est ton frère Abel ? Il répondit: Je ne sais pas; suis-je le gardien de mon frère?

    Et Dieu dit: Qu’as-tu fait? La voix du sang de ton frère crie de la terre jusqu’à moi.

    Maintenant, tu seras maudit de la terre qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère.

    Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et vagabond sur la terre.

    Caïn dit à l’Eternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté.

    Voici, tu me chasses aujourd’hui de cette terre; je serai caché loin de ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera.

    L’Eternel lui dit: Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point."

    Lorsque Caïn reprend la parole après celles de l'Eternel, il ajoute deux expressions qui n'avait pas été prononcées.

    La première "tu me chasses"... Non, Caïn n'a pas été chassé. L'Éternel ne lui avait parlé que d'une malédiction de la terre et des conséquences négatives quant aux produits qui y poussent ainsi que d'une errance sur la terre.

    La deuxième parole ("...quiconque me trouvera me tuera." ) de Caïn est approuvée par l'Eternel, qui alors lui répond.

    L'Éternel reprend par une nouvelle parole.

    "Si quelqu’un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois."

    Non seulement on pourra se venger sur Caïn mais si on tuait Caïn on ne contenterait plus d'une victime mais de sept. L'Éternel fait un constat et plus que cela, Il sait que la violence et le meurtre se répandrons sur la face de la terre dans un déchaînement de réciprocité meurtrière.

    Alors que fit l'Éternel ?

    "Et l’Eternel mit un signe sur Caïn pour que quiconque le trouverait ne le tuât point."

     

    Deux mots méritent de s'y arrêter.

    "MIT":

    En hébreu, le terme utilisé a une vaste extension de sens. L'idée est aussi que Dieu établit là quelque chose, qu'il pose un élément, bien sûr destiné à protéger Caïn du meurtre d'un autre.

    Il pose la possibilité pour l'homme d'être protégé, de ne pas être livré à une vendetta aveugle, d'empêcher la contagion de la violence et du meurtre, de ne pas permettre que Caïn soit vengé sept fois. 

    La suite du récit de le Genèse montre bien qu'ici l'Éternel ouvre l'esprit de l'homme pour qu'il soit sous cette protection. Ce n'est pas un signe "passif" et automatique qui ferait de l'homme un robot. Il appartient à l'homme d'exploiter cette nouvelle possibilité donnée.

    En effet, plus tard, dans la descendance de Caïn, on verra que ce "verrou" de sécurité sautera: c'est Lémec qui reprend à son compte la vendetta, en proclament qu'il sera vengé 77 fois et non plus 7 fois. Le frein ôté entraîne une multiplication encore plus grande de la violence, qui aboutit au déluge.

    "Caïn sera vengé sept fois, et Lémec soixante-dix-sept fois." Gen 4:24

     

    "SIGNE"

    Le terme Hébreu signifie effectivement "signe". Il serait aussi possible de traduire par "marque".

    On ne sait rien de la nature de ce signe... sinon que c'est un signe.

    Ecrit, non écrit ? Si écrit: figuratif, symbolique, des lettres ?

    Quid de notre imagination !

    Mais qui dit "signe", dit capacité de comprendre quelque chose. Cela fait appel à l'intelligence de l'homme créé et offre la possibilité d'un échange de sens pour les hommes entre eux.

    Si on se réfère au sujet et à son contexte: le "signe" est le MOYEN de retenir la violence. 

    Et ce moyen est en rapport avec le langage qui permet la communication.

    En fait le seul moyen de communication connu de retenir la violence et le meurtre dans toutes les cultures consiste en interdits (ou tabous), règles, lois qu'ils soit oraux d'abord ou écrits ensuite.

    Et dans la culture engendrée par Caïn, gageons que le premier interdit portait en tout cas sur le meurtre

    Il convient d'insister que c'est un moyen insufflé à l'homme par Dieu. UN DON.

    Et comme de tout don, chacun en fait ce qu'il veut: Lémec le repoussera et le rejettera pour réintroduire la vengeance multipliée.

    D'ailleurs, s'il fallait encore s'en convaincre les mythes fondateurs des cultures rapportent qu'après la première violence meurtrière (meurtre effectif rapporté, meurtre voilé, expulsion) s'établissent des règles diverses plus ou moins élaborées, justifiées ou aberrante, règles qui permettent de "vivre" en communauté, très mal ou moins mal... mais il vaut mieux cela qu'une contagion de meurtre pour en rester au récit de la Genèse... C'est un élément stabilisateur qui ne va pas à la racine du mal.


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  • Commentaires

    1
    alexandre
    Lundi 1er Février 2016 à 23:07

    Le signe qui a été mis sur Qaïn est ott אוֹת. Ce signe va du Alef א au Taw ת indiquant le commencement et la fin et aussi la marque d'Elohim par le vaw וֹ. Ce qui veut dire que Qaïn avait la Figure d'un dieu ou d'un Elohim ce qui le faisait craindre aux individus qu'il rencontrait sur son chemin.

    2
    Mardi 2 Février 2016 à 08:19

    Interprétation relevant d'une des traditions rabbiniques. Je ne souscris à aucune de ces traditions, quelle que soit sa nature, son origine ou sa "couleur" religieuse. C'est de loin préférable de ne pas savoir la nature exact de ce signe que d'imaginer à partir de raisonnement humain ou d'une imagination fertile.

    Ne pas savoir, c'est plus humble. Je me contenterai donc de fait que c'était un DON.

    Avec respect.

    François

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