• 15 - Sacrifice agréé par Dieu et sacrifice païen

    Le sacrifice d'Abel fut agréé par l'Éternel bien qu'Il ne le lui avait pas été demandé. Ceci à cause de l'attitude de cœur d'Abel. Le sacrifice de victimes animales innocentes, dans le monde juif, durera jusqu'à la venue de Jésus ou du moins jusqu'à la date de la destruction du Temple en l'an 70.

    15 - Sacrifice agréé par Dieu et sacrifice païen

    Quelle est la nature de ce geste ?

    Que s'est-il passé chez Abel dans son esprit et son âme ?

    Deux frères.

    Il est écrit que "Caïn adressa la parole à son frère Abel" juste avant de le tuer.

    Abel n'était certainement pas muet. Donc il s'étaient parlés avant le jour du meurtre. Certainement que ce conflit entre frères durait d'auparavant. Un conflit pour la proéminence devant Dieu en tout cas, pour la proéminence entre eux probablement. C'est l'appréciation de l'Eternel favorable à Abel qui fit "déborder le vase" pour Caïn.

    En étant attentif aux silences de la Bible (ce qu'elle ne dit pas) on s'aperçoit qu'aucune réponse n'est donnée de la part d'Abel: pas de justification, pas de plaidoyer contre la violence de son frère qui devait certainement émerger d'une façon ou d'une autre.

    Il ne se défend pas devant le(s) coup(s) qui mettront fin à ses jours.

     

    Venons-en au parallélisme suivant:

    • Abel tue un animal pour le sacrifier.
    • Caïn tue son frère.

    Le sacrifice d'Abel est un sacrifice de SUBSTITUTION. Il ne tue pas son frère, il n'entre même pas en conflit. Il tue un animal à la place.

    Joint à son attitude de cœur et la foi, l'animal en vient symboliquement et pratiquement à avoir pour Abel un rôle de PURIFICATION.

    Mieux vaut un animal tué qu'un homme tué.

    Mieux vaut un coup de couteau dans la gorge d'un animal, que tuer un homme. *

    La substitution et la purification sont toutes les deux pour l'homme et non pour Dieu,

    Par anticipation et par la foi, Abel met en pratique le commandement: "tu ne tueras pas", en faisant le choix de ne pas tuer.

    Dieu ordonnera lui-même ce genre de sacrifice en Israël.

     

    Le monde païen.

    Il n'y a pas d'exception: le sacrifice a un tout autre sens. Il a pour but d'apaiser la colère des dieux. Que le sacrifice soit humain ou animal, ou encore mimé dans des rituels, il n'est inspiré que par la terreur du dieu (démon) local.

    La liste de ces sacrifices serait trop longue.

    Les mayas sacrifiaient des milliers d'hommes chaque année,

    Les peuplades cananéennes et sémites qui sacrifiaient des enfants,

    L'existence universelle de sacrifices animaux,

    L'existence de rituels où la mort de la victime est simulée (Exemple: les rituels d'entrée dans l'âge adulte existant encore en Afrique et Amazonie). Elle est parfois tuée tant les mimes prenent un caractère réaliste.

    Le sacrifice fait par Abel n'a rien à voir avec cela, du point de vue d'Abel, bien entendu.

    Mais pour Caïn, il dut avoir un autre sens.

    Caïn et sa descendance ont certainement commencé à pratiquer des sacrifices païens, comme toutes les peuplades de la planète.

    Puisqu'un meurtre a permis la naissance d'une civilisation, répétons le geste (rituel de sacrifice animal ou humain) qui l'a mise au monde, ceci exécuté avec toute la frayeur qui habitait l'ancêtre: Caïn.

    Je me permet de dire cela car c'est ce qui s'est passé effectivement dans l'antiquité païenne. PARTOUT !


    Mais quel est l'intérêt d'approfondir ces aspects relatifs au sacrifice et aux rituels ?

    Il est grand parce qu'il est d'actualité.

    La société actuelle est restée essentiellement païenne avec des touches de christianisme humanisé (humanisme). Sans arrêt, elle produit de nouvelles victimes innocentes. A part la guerre, elle tue plus encore, malignieusement, au travers de symboles, d'écrits et surtout d'images dont nous sommes abreuvés.

    L'anorexique, dont j'ai déjà parlé, est une de ces victimes. En proposant des représentations perverses, la culture assassine l'âme, et quelquefois le corps, de nombreuses jeunes femmes.

    Les dieux représentés par des statues, se sont déplacés dans le corps et l'âme d'hommes et de femmes. L'homme (au sens générique) est un dieu pour lui-même et est pris dans le tourbillon des mauvais modèles, appâté par le désir mimétique d'Être "comme", y trouvant une occasion de chute, un scandale.

    Et la chrétienté dans son ensemble n'échappe pas à la règle, les assemblées évangéliques pas plus, sauf là où on trouve des "Abel" qui renoncent à la réciprocité violente et au meurtre réel ou symbolique, mais non moins réel dans ses effets, ceci en regard de la vie éternelle et du royaume de Dieu.

     

    Note * :

    "Mieux vaut un coup de couteau dans la gorge d'un animal, que tuer un homme. *

    Mon affirmation peut paraître osée. Si je laisse cette phrase, c'est qu'on s'apercevra que le sacrifice a toujours eu une fonction de "défoulement", en tout cas chez les païens. En-est-il autrement chez les homme de foi de la Bible, ceux nommés en Hébreux 11 ?  Pas sûr, on verra. 

    Trop idéaliser cette foi ne serait-il pas une fausse piste ? Admettre une foi mollassonne, étrangère aux émotions humaines, quel malheur ! Cela aboutit au dolorisme si présent en pays latin et catholique, mais pas exclusivement; dolorisme qui évacue la réalité des émotions et sentiments humains. Ce serait aussi brider une capacité bien utile: la colère, pourvu  qu'aucune ombre de haine ne vienne la tâcher et qu'on ne se couche pas dessus. Une colère délivrée de toute violence meurtrière contre autrui: c'est paradoxal mais réaliste.

    Une violence "pour la Vérité" avec un grand "V": c'est déjà plus délicat. 

     

    En passant:

    Ceux ou celles qui ont déjà tué un animal (chasse, boucherie), savent que, même avec un instrument très bien aiguisé, il est nécessaire d'user de beaucoup de force, d'y mettre de l'énergie, surtout si on ne veut pas faire souffrir l'animal inutilement.

    Concluez-en qu'Abel, n'ayant certainement pas la même qualité d'instrument que de nos jours, a du déployer tout ce qu'il avait comme force, quand bien même sa victime n'était qu'un premier-né de petit bétail.


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