• 18 - Violence indifférenciée et culture de la non-violence

    18 - Violence indifférenciée et culture

    "Lorsque Joseph fut arrivé auprès de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs, qu’il avait sur lui. Ils le prirent, et le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide; il n’y avait point d’eau." Gen 37:23-24


    Qu'entendre par violence indifférenciée ?

    C'est le moment où dans une société prévaut le "tous contre un".

    Le "un" peut-être un individu, un groupe d'individu typifié par un point commun, un pays ou un groupe de pays ayant des points communs en termes d'intérêts ou culture. D'inviduel à localisé autrefois, ce phénomène peut prendre un aspect planétaire en relation avec les actuels moyens de communication et de transport.

    Ce phénomène consisite en la contagion de la violence qui s'empare de goupes ou de foules nombreuses, de nos jours plus seulement localisée en un endroit.

    "Indifférenciée" parce qu'en ces moments les différences entre chaque perception individuelle s'estompe pour se fondre dans une masse violente.

    Pourquoi s'intéresser à ce phénomène ?

    Parce qu'il est présent dans la Bible à de nombreuses reprises.

    • - Le "un" contre "un" originel est celui de Caïn contre Abel.

    • - Le groupe (fratrie) contre "un" se rencontre dans le récit de Joseph. "Lorsque Joseph fut arrivé auprès de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs, qu’il avait sur lui. Ils le prirent, et le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide; il n’y avait point d’eau." Gen 37:23-24 En lisant la suite, nous voyons qu'ils pensaient le tuer. Une fratrie contre "un" frère.

    • - La révolte de Koré contre Moïse et Aaron.

    • - Aaron et sa soeur Marie s'en prennent à Moïse à cause de sa femme éthiopienne, mais leur vraie motivation sont décrites en Nombres 12: 1-2: "Marie et Aaron parlèrent contre Moïse au sujet de la femme éthiopienne qu’il avait prise, car il avait pris une femme éthiopienne.
      Ils dirent: Est-ce seulement par Moïse que l’Eternel parle ? N’est-ce pas aussi par nous qu’il parle ? Et l’Eternel l’entendit."

    • - Une société se tourne contre un homme Job, comme il a déjà été vu.

    • - Saül (et son armée) se tourne contre David par jalousie et pour le tuer.

    • - les prophètes jusqu'à Jean le baptiste ont tous été tués dans ce phénomène du tous (plus ou moins nombreux) contre un.

    • - Il existe d'autres exemples dont le récit sanguinaire et dramatique de la violence multipliée et démesurée des tribus d'Israël contre celle de Benjamin  (livre des Juges).

    • - Etc...

    • - Bien plus important, notre Seigneur a subi le même sort. Une foule qui réclame sa mort.

    Si on regardait les mythes fondateurs des sociétés païennes, un grand nombre de phénomènes semblables y seraient répertoriés.

    Nous décrivons ici la sinistre capacité des foules humaines ainsi que de ses dirigeants de se liguer contre un ou contre une minorité.

    "Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux contre l’Eternel et contre son oint ?" Ps 2:2

    Cette contagion "contre un" a pour origine le même travers.

    Pour Joseph, la jalousie:

    "Israël aimait Joseph plus que tous ses autres fils, parce qu’il l’avait eu dans sa vieillesse; et il lui fit une tunique de plusieurs couleurs.
    Ses frères virent que leur père l’aimait plus qu’eux tous, et ils le prirent en haine. Ils ne pouvaient lui parler avec amitié.
    Joseph eut un songe, et il le raconta à ses frères, qui le haïrent encore davantage."  Gen 37: 3-5

    Pour notre Seigneur, l'envie:

    Pilate leur dit: Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus, qu’on appelle Christ? Car il savait que c’était par envie qu’ils avaient livré Jésus. Mt 27:17-18

     Nous avions vu que pour Caïn, il en était de même.

    Dans leur finalité, l'envie et la jalousie aboutissent au meurtre.

    ______________________________

    Ce qui est remarquable (= digne d'être remarqué)...

    Notre Seigneur a choisi ce scénario pour se manifester et apporter le salut au monde....

    Pourquoi ? parce qu'il synthétise ce qui est le plus fréquent qui soit dans l'histoire de l'humanité, la folie contagieuse partant de l'envie de quelques uns ! Envie qui dégénère en haine et en meurtre... Folie contagieuse autour d'un bouc émissaire.

    De fait, la vie de notre Seigneur ne pouvait se conclure autrement que dans ce scénario... parce qu'il est celui des humains sur toute la surface de la terre.

    C'est le scénario favori de satan par excellence, menteur et meurtrier dès le commencement.

    Qui a-t-il d'absolument unique dans la façon dont Yeshua l'a affronté ? Et en quoi est-Il vainqueur sur satan ?

    Nous avons pris, à juste titre, pour certaines les Ecritures qui nous montraient la colère contre Lui de l'establishment juif de Son époque.

    De même, Il était "sans défaut et sans tâche"...

    Pour la première fois un homme, agréé du Père, faisait un parcours sans faute... Sans la moindre violence meurtrière en retour contre ses détracteurs, ses accusateurs et ses meurtriers. Soucieux que d'une chose: faire en tout volonté de son Père.
    Communiquer la Vérité et nous en ouvrir le chemin de la Vie avec le Père.

    Cet homme est YHVH lui-même. Sa Parole faite chair.

    __________________________


    La question qui peut se poser à ce point est la suivante:

    Yeshua était-il un non-violent dans le sens où l'entendent les non-violents de notre époque ?


    Certes, il existe un discours humain de la non-violence dans une forme très passive en regard de la violence physique, mais très active dans les actions de désobéissance civile.
    Le champion de cette forme de non-violence fut Gandhi. Son action a eu une certaine efficacité, certaine seulement parce que, si lui-même refusait la violence physique, il n'a en réalité fait que l'attiser: les pauvres contre les riches (Marche du sel), des anglais contre les indous (divers massacres) et des musulmans contre les hindous (plusieurs millions de morts). On dira qu'il ne voulait pas cela, mais cela advint de façon indiscutable.
    De fait cette non-violence est une violence à l'état pur car elle vise des enjeux politiques et n'a pas abouti en tant que telle. Elle a eu des effets, mais des effets très violents.

    Elle provient d'hommes et de femmes dont la vieille nature pécheresse n'a pas été mise dans la tombe. Il s'agit d'une oeuvre de la chair.


    Il existe aussi une autre forme de non-violence: celle que l'on trouve dans la représentation graphique des martyres et "saints" chrétiens, y compris notre Seigneur Yeshua... des images pieuses marquées par des expressions sentimentales, sucrées et dégoulinantes de pseudo amour.
    Cette forme a inspiré toute une tradition de formes cultuelles où la piété est centrée sur le sentiment.
    Cette forme est encore plus passive que celle des non-violents "à la Gandhi" dans le sens où elle ne va pas viser une action politique et en rester à une vie intérieure imprégnée de sentiment "tendre" et "doux"... la piété se confondant avec pitié (de soi et/ou des autres).
    "Piété" dérive d'ailleurs étymologiquement de "pitié"

    Cette forme de "service" pour Dieu est aussi une oeuvre de la chair.

    On pourrait bien sur penser que seuls les catholiques sont visés par cette description. Pas du tout, personnellement j'ai vu les mêmes expressions chez des protestants de l'église réformé. Et que dire des évangliques: c'est pire que chez les protestants. Quand, sur Facebook, on constate le nombre de réprésentations (images) très sentimentales (décor de fleur, représentations de forme piétiste et mièvre décrites plus haut) qui accompagnent un verset biblique en surimpression ou une pensée biblique ou non, on ne peut être que stupéfaits et attristés.


    Yeshua n'était pas un non-violent dans ce sens là. En aucun cas.

    On le voit user de violence verbale.
    Contre ses disciples: par exemple lorsqu'il dit à Pierre "Arrière de moi Satan", à son injonction d'échapper à la Croix.
    Contre les pharisiens: ses paroles sont très dures, "race de vipère", "sépulcres blanchis", "conducteurs aveugles", etc...
    On le voit aussi user de violence physique lorsqu'il renverse les étals des marchands du temple de Jérusalem. Ces versets de Jean 2:13-17 résument très bien Ses intentions:

    "La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem.
    Il trouva dans le temple les vendeurs de boeufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis.
    Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les boeufs; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables;
    et il dit aux vendeurs de pigeons: Otez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.
    Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit: Le zèle de ta maison me dévore."


    C'est le zèle de la "maison" de son Père qui Le dévore. Ce n'est pas la haine des hommes qui Le fait agir. Sa propre violence a pour but de sortir les hommes de leur péché (le temple), de les sortir de leurs erreurs (les pharisiens) et faire la volonté de son Père (Pierre).

    Il n'existe aucune mollesse dans l'amour de Jésus pour les hommes. Il se peut que les termes suivants soient mal reçus: il reste constamment vigoureux et viril dans la réalisation des desseins de son Père. On est loin ici des "pieuseries" évoquées ci-dessus. On est aussi très loin chez Lui d'une visée politique dans ses actes; cette visée était celle des juifs de son temps, y compris ses disciples, mais pas la Sienne.
    Jésus fut violent, mais jamais d'une violence meurtrière qui est celle de Satan.

    Et dans ce chemin qui conduit à la mort, comme pour les prophètes de l'ancienne alliance, personne n'a pu le suivre, pas même le plus attentionné à cet égard, Pierre. La chair en est incapable.


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    jesussauve
    Lundi 9 Avril 2012 à 14:06

    Tout à fait d'accord avec cette réflexion, frère. Et malheureusement, les chrétiens ne sont pas exempts de ces phénomènes (tous contre un !). La nature charnelle nous joue de bien mauvais tours et ça ne va pas en s'arrangeant. Merci pour cette bonne analyse. F et M

    2
    béréen Profil de béréen
    Lundi 9 Avril 2012 à 17:53

    Oui, cher Jesussauve, les chrétiens sont en plein dan cette violence de rivalité, d'imitation et de jalousie... Si j'en parle tant c'est parce qu'on n'en parle jamais (ou presque)... alors que la Bible ne parle que de cela au sujet des hommes.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :