• * Mots Clés de la théorie mimétique

    Transpirons avec des définitions ardues !

    Transpiration

    Mots Clés de la théorie mimétique

    L´APOCALYPSE Ce n´est pas Dieu qui déchaîne sur les hommes l´Apocalypse en raison de leurs péchés mais ce sont les hommes qui, par leur désir mimétique et leurs rivalités, déclanchent  leur fin par leur propre violence destructrice . La révélation apportée par la Passion met à nu le mécanisme émissaire qui permet aux hommes de survivre à leur propre violence. Cette révélation met l´humanité en face d´un choix terrible : la fin du monde ou le Royaume.

     
    LE DÉSIR MIMÉTIQUE Par opposition au besoin (l´instinct sexuel, le soif, la faim, etc.), que l´humanité partagent avec le royaume animal, le désir n´appartient qu´aux hommes. Freud donnait au désir une coloration érotique ou sexuelle. Or d´après la théorie de René Girard, le désir est avant tout mimétique, copié sur le désir d'un autre, que ce dernier soit réel ou imaginaire. Sans ce mécanisme mimétique, l´apprentissage serait impensable: les êtres humains apprennent en s´imitant. Mais le désir s´avère dangereux dès lors que l´imitation réciproque le fait porter sur un objet non-partageable. Dans le monde moderne, la disparition des barrières sacrées donne libre cours au désir et multiplie les rivalités de manière exponentielle.
     
    L´INTERDIVIDUALITÉ.  On trouve ce néologisme pour la première fois dans Des Choses cachées depuis la fondation du monde, où il signifie l´interdépendance des êtres humains liés par l´imitation. En ce qu´elle décrit le moi comme étant engendré par le rapport mimétique, la psychologie interdividuelle se veut encore plus radicale que la psychologie relationnelle américaine. Cette dernière cherche à comprendre le rapport entre deux individus. Or l´interdividualité pose le rapport mimétique comme condition nécessaire du moi, celui-ci étant né dans et par la relation.
     
    LA MÉDIATION Ce mot a été employé par René Girard dans son premier livre, Mensonge romantique et vérité romanesque. Le désir n´est pas linéaire; il est copié sur le désir d´un tiers baptisé ¨le médiateur. Ainsi le "triangle du désir" est composé de trois pôles: le sujet désirant, le médiateur et l´objet que ce dernier désigne en le désirant lui-même. Lorsque le médiateur est loin du sujet, la médiation est consciente et assumée, voire revendiquée. On parle alors de ¨médiation externe.¨ À mesure que le médiateur s´approche du sujet, celui-ci entre dans le ressentiment et la dénégation. De la médiation externe on passe à la médiation interne par laquelle se définit le monde hyper-concurrentiel et individualiste de l´Occident démocratique. Un petit nombre de grands écrivains modernes ont su révéler, derrière les poses romantiques, la présence dissimulée du médiateur.
     
    LE DÉSIR MÉTAPHYSIQUE Le désir porte d´abord sur l´avoir du modèle, sur ses biens et sur les objets qui lui appartiennent. Ce n´est que petit à petit que le désir glisse vers l´être même du modèle pour se transformer en désir d´être, désir de s´approprier l´essence même du modèle imité, en détruisant ce dernier si nécessaire. Le modèle cesse d´être un simple rival pour un objet de convoitise commune et devient un véritable obstacle métaphysique qui empêche le sujet d´exister.
     
    MIMÉTIQUE La mode, la spéculation financière et l´apprentissage reposent sur une imitation plus ou moins consciente et assumée. Le sujet sait ce qu´il fait et se laisse guider délibérément par son modèle. Mais ces cas constituent plutôt une exception à la règle générale. Alors que le mot ¨imitation¨ nous souffle l´illusion flatteuse que nous imitons toujours de manière délibérée et consciente, le désir est en réalité¨mimétique,¨ c´est dire que nous sommes le plus souvent manipulés par lui à notre insu. Ceci est particulièrement vrai lorsque l´imitation porte le masque de la révolte, de la contradiction ou du rejet ostentatoire. Don Quichotte imite Amadis de Gaul; le désir d´Alceste pour Célimène est déjà mimétique.
     
    LE MYTHE Un être surnaturel, divin, à la fois sauveur bienveillant et puissance destructrice, intervient dans l´univers des hommes pour fonder un nouvel ordre du monde, une culture, apportant nourriture, santé et paix. Tel est le récit raconté par les mythes depuis l´aube de l´humanité. Dans le sens populaire du terme, un ¨mythe¨ est une histoire fallacieuse, un récit mensonger. La théorie de René Girard apporte des précisions. Bien que mensonger, le récit mythique n´est pas entièrement détaché de la réalité: derrière chaque mythe se cache le meurtre d´un innocent, victime de la violence collective du groupe divisé et manipulé par une rivalité mimétique qui lui échappe. ¨Choisie¨ de manière plus ou moins aléatoire par la violence aveugle de la foule, cette victime réunit ses tueurs qui l´adorent et la vénèrent tout en ayant peur de la voir revenir parmi eux.

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